Job 17
Perret-Gentil et Rilliet 1899
1Mon souffle se perd, mes jours s'éteignent : pour moi, le tombeau !
2Si nulle iniquité n'est par devers moi, mon œil peut avec calme regarder leur querelle.
3Ah ! dépose ton gage ! sois ma caution auprès de Toi ! Qui est-ce qui mettrait sa main dans la mienne ?
4Car tu as fermé leur cœur à l'intelligence ; aussi ne leur laisse pas l'avantage !
5Tel convie son prochain à partager, dont les fils ont le regard éteint.
6Il m'a fait passer en proverbe dans le peuple, et l'on me crache au visage ;
7et le chagrin a rendu mes yeux ternes, et ma figure est toute entière comme une ombre.
8C'est de quoi les gens de bien sont stupéfaits, et, ce qui irrite l'innocent contre l'impie ;
9mais le juste tient ferme à sa voie, et celui qui a les mains pures, redouble de vigueur.
10Mais enfin, vous tous, revenez-y, venez encore à la charge, je n'en trouverai pas plus un sage entre vous.
11Mes jours sont passés, mes plans sont déchirés, cette fortune de mon cœur.
12Quand il est nuit, je suis, selon eux, en plein jour, et la lumière est plus près que les ténèbres présentes !
13Quand je dois compter sur les Enfers, comme sur ma demeure, étendre ma couche dans le séjour ténébreux,
14dire au tombeau : Tu es mon père ! et aux vers : Vous êtes ma mère et ma sœur !
15où donc est mon espoir ? Et l'espoir que j'aurais, qui le verrait [accompli] ?
16Il descend vers les portes des Enfers, puisqu'ensemble nous allons reposer dans la poudre.
Perret-Gentil et Rilliet 1899 — public domain.
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